Plan B activé pour la Ducasse d’Ath

mardi 10 août 2021

L'Avenir (Courrier de l'Escaut)

Plan B activé pour la Ducasse d’Ath

22-07-2021 - Audrey Ronlez et Pauline Foucart - L'Avenir

L’idée n’est pas de rassembler le public au hangar, mais de tenir secret le parcours des géants jusqu’à l’endroit où ils danseront.

Les autorités communales athoises ont annoncé ce jeudi matin qu’il n’y aurait pas de Ducasse dans sa forme classique, mais qu’un plan B serait bien mis en place.

Même si elles avaient commencé à préparer la Ducasse d’Ath «comme si elle allait avoir lieu», les autorités athoises ont dû se résigner à activer le plan B. Il n’y aura donc pas de brûlage de marronnes, ni de combat entre David et Goliath. Les vêpres, quant à elles, se tiendront à huis clos.

Détails du plan B

"Le dimanche, pour respecter les normes imposées par le Codeco, les autorités communales ont décidé «d’éparpiller les géants dans la ville et les villages de l’entité, avec leur fanfare et dans un timing restreint ».

« Les géants quitteront le hangar à des moments différents pour rejoindre leur fanfare, et déambuler sur un parcours de 2 km, qui sera communiqué au mois d’août», indiquent les autorités.

Les départs se feront rapidement, et toutes les 15 minutes, à partir de 10h. «Les géants quitteront le hangar dans l’ordre traditionnel du cortège, avec l’Aigle en tête. Ils déambuleront ensuite, durant trois heures maximum.

Vers 14h30, tous les géants auront regagné leur lieu de stockage.» Chaque géant aura son commissaire pour éviter les rassemblements.

La Ville est consciente que cette version modifiée du cortège « plaira à certains, mais frustrera aussi d’autres personnes, attachées à la tradition».

Le lundi, les géants iront, comme à l’accoutumée à la rencontre de la population avec leurs porteurs. La fanfare de Moulbaix jouera sur l’Esplanade à 17h, mais l’envol des montgolfières est annulé.


POUR LES  HISTORIENS Le plan B de la Ducasse d'Ath : « c’est pire que rien… »

28-07-2021 - Francis HOSTRAETE - L'Avenir

Les géants d’Ath ne prennent sens qu’à travers la procession dominicale. Non en d’autres lieux.

Jean-Pierre Ducastelle et Christian Cannuyez estiment avec sagesse que le «plan B» de la Ducasse «est pire que rien».

L’annonce par les autorités communales athoises, voilà une semaine, de ne pas organiser la Ducasse d’Ath selon son canevas habituel et d’opter pour un «plan B» au goût amer suscite des commentaires divers. Jusqu’à présent, aucune voix ne s’était officiellement élevée pour commenter la décision de la Ville. Jean-Pierre Ducastelle (président du Cercle d’histoire, archiviste honoraire de la Ville) et Christian Cannuyer (secrétaire général du Cercle d’histoire) le font ensemble, et à titre «strictement personnel», dans un communiqué au ton posé, mais avec fermeté. Comme pour beaucoup d’observateurs et acteurs de la Ducasse, le «plan B» tel qu’il a été imaginé (par des «experts»?) nuit finalement à l’essence même de la Ducasse, un peu ravalée en cette année 2021 à une vulgaire «kermesse».

MM. Ducastelle et Cannuyez notent qu’ils n’ont été consultés à aucun moment, pas plus que le Cercle d’histoire. On sait que le conseil communal n’a pas été saisi non plus d’un débat relatif à des «festivités communales».

La Ducasse est un tout

«En reconnaissant la ducasse d’Ath comme patrimoine immatériel de l’humanité en 2005, l’Unesco a bien spécifié que c’est l’ensemble de la fête et de ses éléments constitutifs traditionnels qui sont ciblés par cette reconnaissance» indiquent les historiens. «Il nous semble dès lors profondément étranger à la nature de notre ducasse de dissocier les géants des autres fleurons du cortège (chars, groupes), de les extraire de l’espace intra muros et de leur parcours traditionnel, de les isoler les uns des autres dans des contextes inappropriés. C’est une négation de ce qui fait l’originalité et l’intégrité de la ducasse.

Sorties dans un cadre

«On nous rétorquera que c’est mieux que rien. Non. C’est pire que rien. Depuis 1976, il a été décidé que jamais plus nos géants ne “sortiraient” en dehors du cadre traditionnel de la ducasse, le seul où ils “vivent” pleinement et préservent vraiment leur “âme”. Or le “plan B” casse complètement ce cadre, nonobstant le fait qu’il prévoit une “sortie” minimaliste et “éclatée” des postures ce prochain 4e dimanche d’août.»

Le lundi? Étrange

«Il est pour le moins étrange de consentir la présence de nos figures gigantesques dans les rues de la ville le lundi, alors que cette journée a traditionnellement pour dessein de donner aux Athois le loisir de remercier les porteurs, et aussi d’autres acteurs de la fête, pour leurs prouesses et pour la bonne tenue du combat du samedi et du cortège dominical…»

MM. Ducastelle et cannuyer indiquent de rien vouloir reprocher «quoi que ce soit à quiconque en particulier». «Notre réserve est exempte de toute connotation politique. Mais nous sommes formels: le «plan B» constitue une atteinte grave au sens de notre fête et à sa tradition.»

Et de souhaiter une «bonne ducasse» aux Athoises et Athois, «dans la fidélité à une tradition qui ne consiste certainement pas à courir à gauche et à droite pour applaudir des géants esseulés».

On imagine que cette réflexion suscitera des réactions. Depuis plus d’un an, à la fois en 2020 et 2021, nombre d’observateurs estiment que la Ducasse d’Ath doit être organisée «totalement» ou ne doit pas l’être, au risque d’être dénaturée, voire dévalorisée, au simple motif de répondre (?) à quelques souhaits particuliers.

En juin 2020, le bourgmestre Bruno Lefebvre s’exprimait en ces termes. «Depuis des générations, notre Ducasse nous unit dans une ambiance chaleureuse et de partage. L’organiser dans de telles circonstances risquerait non seulement de la mettre en péril, mais a fortiori d’opposer plutôt que de rassembler.» La réflexion pourrait garder son sens en 2021.

 Ducasse d'Ath : des groupes pédestres de sortie aussi

30-07-2021 - F.H. - L'Avenir

Le groupe du Canon devrait sortir et effectuer une balade vers Irchonwelz, le 22 août.

Des groupes pédestres vont accompagner les géants lors de la ducasse «alternative» à Ath, le 22 août prochain.

La ducasse d’Ath 2021 va complètement sortir de son canevas traditionnel. On sait que les autorités communales ont annoncé la mise en place d’un «plan B», avec la sortie (séparément) des géants traditionnels, durant quelques heures le 4e dimanche d’août, et selon des itinéraires totalement différents de celui emprunté par la traditionnelle procession dominicale.

L’association «Rénovation du cortège», qui gère avec dynamisme la figuration au sein du cortège, confirme ce vendredi que des groupes pédestres vont accompagner les géants, ici et là dans la banlieue athoise, lors de cette ducasse qui risque non pas de rassembler, mais plutôt de diviser.

«Les Autorités communales, qui ont l’organisation de la Ducasse dans leurs compétences, ont proposé à l’ASBL Rénovation du Cortège la mise à disposition des groupes pédestres pour ce plan B» indique Rénovation dans un communiqué. «Réunis en assemblée générale exceptionnelle, les membres de Rénovation du Cortège ont débattu pour analyser la pertinence et les points positifs de cette possibilité, validée par les autorités communales et la police.»

«Tout d’abord, les chars ne pouvant circuler sur certaines voiries que les différents “cortèges” emprunteront, il était donc impossible de les intégrer dans cette version de la ducasse. Ensuite, afin de permettre une meilleure circulation de ces “cortèges” et non pas une agglutination autour d’un géant, proposer une logique groupe pédestre – géant – fanfare semblait plus cohérente. Dans une large majorité, l’ASBL Rénovation du cortège s’est donc prononcée en faveur du plan B proposé par les Autorités communales et donc aussi en faveur de la participation de certains groupes de figurants.»

On sait par exemple que les Bleus escorteront Samson, le groupe du Canon Ambiorix ou encore le groupe des Dix-neuf communes Goliath et Madame.

«Chaque membre de l’ASBL aurait évidemment souhaité faire sortir l’ensemble des figurants, mais cela n’est pas possible. Mais Rénovation estime que la figuration fait partie intégrante de la ducasse, différente ou traditionnelle. Ainsi, l’ASBL voulait, comme la ville, les fanfares et les groupes de porteurs, participer à l’effort collectif pour faire revivre notre folklore… même différemment.»

Refus? Pas de sanction

«On peut facilement imaginer que certains figurants des groupes pédestres ne se sentent pas à l’aise dans cette configuration» indique Rénovation. «L’ASBL Rénovation du Cortège tient à insister sur le fait que les personnes qui décident de faire l’impasse sur cette édition 2021 ne seront pas lésées et rentreront toujours en compte pour la ducasse 2022 que tous espèrent dans sa configuration traditionnelle, avec les chars et l’ensemble des acteurs.»

Pas de «buvette»

L’association précise encore qu’il n’y aura pas de «buvette» cette année lors des essayages. «Si les essayages et les répétitions auront bien lieu cette année, l’ASBL a décidé de ne pas tenir de buvette cette année. Tout d’abord afin de ne pas proposer de rassemblement dans un lieu assez fermé. Mais aussi en solidarité avec le secteur horeca qui a particulièrement souffert de la crise du Covid.»

Ducasse d'Ath: d'anciens porteurs rejettent les six cortèges

04-08-2021 - L'Avenir

Jean-Pierre Williame (ici en 2015 lors des vêpres Gouyasse) fait partie des signataires de la lettre d’anciens porteurs.

Après des historiens, ce sont d’anciens porteurs qui expriment leur courroux à propos du «plan B» de la ducasse d’Ath.

Le «plan B» imaginé par certains cercles pour proposer une «ducasse alternative» en lieu et place des activités traditionnelles, n’en finit pas de diviser la Cité des géants.

Rejet des six cortèges

Après les historiens Jean-Pierre Ducastelle et Christian Cannuyer (d’ailleurs soutenus publiquement ou dans les coulisses par d’autres voix, dans les mêmes milieux), ce sont d’anciens porteurs qui expriment leur rejet du «plan B» et de ses six cortèges dans les faubourgs de la ville (cortèges composés d’un géant, d’une fanfare et d’un groupe pédestre), le dimanche 22 août prochain.

Ces anciens porteurs ont adressé une missive au collège communal d’Ath.

Les signataires sont issus de tous les groupes de porteurs des géants, à une exception près.

S’estimant un peu des «gardiens de la tradition», ils regrettent d’abord de ne pas avoir été consultés, «après avoir œuvré à la bonne marche du cortège pendant plusieurs décennies».

«Notre rôle est d’empêcher de faire n’importe quoi de notre Ducasse» soulignent-ils.

Ils estiment en outre que l’organisation projetée «sera loin d’éviter un rassemblement massif au centre-ville».

« Des gens se sont battus pour faire entrer notre fête dans le giron de l’UNESCO, et maintenant, on abandonne ce cadeau et on change totalement d’avis! C’est ce qu’on appelle “se tirer une balle dans le pied”. Notre cortège doit être immuable avec tous ses géants, ses porteurs, ses chars, ses figurants, ses groupes et ses fanfares.»

«Un cortège pour toute la population»

«Le cortège doit avoir lieu pour toute la population et pas pour le bon plaisir d’un ou de quelques personnes.»

«Pas de grosse cloche tirée pour une seule personne. Pas de sermon pour une seule personne. Pas de feu d’artifice pour quelques privilégiés sans que la population soit prévenue. Pas de Vêpres à huis clos, pour une personne seule. Et d’ailleurs pourquoi des Vêpres, puisqu’il n’y a pas de mariage? Où est la logique? À quoi peut-on encore s’attendre?»

Et d’en appeler au «respect strict des traditions comme ce fut le cas lors des festivités du 500e anniversaire de Goliath».

«Ces festivités athoises seraient-elles uniquement organisées pour l’aisance politique sans se soucier des traditions perpétuées depuis des siècles?»

Suivent diverses signatures, dont celles émanant de familles ou personnes solidement associées à des postures.

Ducasse d'Ath: une fracture qui révèle une évolution?

07-08-2021 à 07:00 - Francis HOSTRAETE - L'Avenir

Goliath a-t-il un sens en dehors d’un contexte spatial?

La décision d’organiser divers défilés avec des géants et des groupes pédestres, le 22 août, cause une fracture.

Deux réflexions parmi d’autres peuvent germer en regard de la «situation athoise» liée à l’organisation d’une certaine forme de la ducasse, le 4e dimanche d’août.

En juin 2020, la Ville d’Ath annonçait l’annulation des activités de la Ducasse d’août. Le communiqué transmis par le cabinet du bourgmestre se terminait de la façon suivante. « Depuis des générations, notre Ducasse nous unit dans une ambiance chaleureuse et de partage. L’organiser dans de telles circonstances risquerait non seulement de la mettre en péril, mais a fortiori d’opposer plutôt que de rassembler.»

Et en août 2020, le bourgmestre Bruno Lefebvre (PS) s’exprimait ainsi pour répondre notamment aux reproches de ne pas avoir organisé l’un ou l’autre événement, fût-ce à huis clos. «La ducasse est une fête populaire par excellence et doit être fêtée ensemble ou ne pas l’être! Si la pandémie ne permet pas de l’organiser, même si nous en avons le cœur brisé, elle ne doit avoir lieu et pour personne!»

Ces réflexions formulées en 2020 semblaient teintées de sagesse.

Les mois ont passé. On sait l’évolution de la crise sanitaire. On connaît la décision annoncée par le bourgmestre Bruno Lefebvre voilà deux semaines: celle de ne pas organiser la Ducasse, mais de mettre en place un «plan B» avec diverses activités, et notamment des cortèges distincts dans les faubourgs, des cortèges comportant apparemment chacun un géant, une fanfare et un groupe pédestre. On imagine que la Ville précisera les modalités de ces six cortèges d’ici le 22 août.

La décision ne fait cependant pas l’unanimité, et d’aucuns se sont déjà exprimés à ce propos.

Douloureuse division

Un constat s’impose. Loin d’une certaine image d’Épinal parfois véhiculée, la Ducasse d’Ath divise profondément. L’argument avancé par la Ville en 2020 est plus que jamais d’actualité en 2021: loin de rassembler, l’ersatz de ducasse élaboré à huis clos oppose la population. Que la Ducasse suscite des tensions sur des thématiques précises, cela n’est pas neuf. Mais que telles fractures touchent davantage à l’essence de l’événement et surviennent dans un contexte déjà difficile accentue le côté douloureux de la situation.

On peut entendre les arguments des uns et des autres. «À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle» disent des voix en justifiant ainsi le programme annoncé pour la fête de la dédicace de l’église Saint-Julien. Ces voix renvoient aussi au passé, quand des maladies, des guerres (le plus souvent) ou les circonstances atmosphériques ont perturbé le déroulement de la Ducasse.

Les comparaisons ne sont pas forcément toujours adéquates: les (deux) cortèges exceptionnels de 1919, par exemple, survenaient après cinq années de guerre.

L’organisation des six cortèges, comme pour «exhiber» les géants et satisfaire un certain «besoin» d’une frange de la population, coupe un peu le cordon ombilical essentiel avec la démarche fondatrice: la fête de la dédicace de l’église paroissiale.

Du vécu vers le spectacle?

Sans annoncer pour autant des orientations futures radicales, les dispositions prises en 2021 traduisent-elles une évolution dans les sensibilités, à la fois au sein de la population et des acteurs? La conscience d’une fête pleinement vécue et partagée ensemble évolue-t-elle vers une notion qui serait davantage celle d’un spectacle «comme un autre»? Y a-t-il un glissement inconscient d’un «vivre la Ducasse» vers un «voir la ducasse» ?

 La première notion induit une forme d’inséparabilité des éléments constitutifs de la Ducasse: les acteurs (y compris la population), le contexte spatial et temporel. Cette indissolubilité confère à l’événement son caractère sacré et rituel.

L’éclatement des différents éléments renvoie davantage à une «ducasse-spectacle». «Les Athoises et Athois pourront voir leurs géants déambuler» indique le communiqué transmis par Anaïs Fanara le 22 juillet. Jusqu’à présent, les géants ne «déambulaient» pas vraiment (déambuler, c’est «se promener, aller au hasard»), mais ils dansaient en faisant corps avec la population.

Y a-t-il donc une évolution, encore inconsciente? Faudra-t-il s’étonner, à l’avenir, de voir des barrières nadar balisant le parcours du cortège ou d’autres mesures prises au nom de la «bonne organisation» (d’un spectacle)?

En 2020, chacun (se) promettait une «Ducasse 2021 extraordinaire, totale». On sait ce qu’il en est. Qui peut dire ce que sera la Ducasse 2022?

La voix de la population

Une autre réflexion est possible. Le processus de prise de décision est-il lui-même marqué d’une évolution? Nous n’avons pu le vérifier systématiquement, mais il semble que la décision d’organiser ou non, et d’une manière déterminée, les festivités de la Ducasse a toujours (souvent, du moins) été validée dans le passé par le conseil communal, représentant ainsi la population. Comme ce fut déjà souligné, les acteurs de la Ducasse ne sont pas seulement celles et ceux que l’on voit (et applaudit, à juste raison) durant le week-end en question, mais il en est un qui est incontournable et qui donne sens depuis des siècles à la fête traditionnelle: c’est la population elle-même. La Ducasse n’a pas de sens sans elle. Elle donne vie aux géants à travers une interaction irrationnelle, comme celle du samedi à 15h, de la danse du Pont du Gâdre ou du dimanche devant l’église Saint-Julien.

«Appel aux Efants de Gouyasse» lit-on le 29 novembre 1918 dans «L’Écho de la Dendre». «Tous sont invités à une réunion pour s’entretenir au sujet des costumes de nos géants détruits par les Barbares. […]»

Quelques mois plus tard, c’est bien le conseil communal qui prend une décision. «M. l’échevin Goffin expose que la commission des fêtes propose d’organiser cette année un cortège historique pour remplacer le cortège traditionnel de la kermesse qui ne pourrait être organisé sans entraîner des frais élevés par suite du mauvais état des chars qui en constituaient un des principaux éléments.»

Cette année, des groupes («acteurs») ont logiquement été consultés, mais non la population (qui finance les festivités directement ou indirectement) ou au moins ses représentants via le conseil communal. Et y a-t-il eu un débat et une délibération motivée au sein du collège communal?

Plus encore que celui de 2020, l’anniversaire de la dédicace de l’église paroissiale Saint-Julien peut susciter des réflexions tous azimuts en 2021.

 

 ANNEXE

 Petit-Enghien: Norberta a enfin pu être baptisée

10.08.2021 Pierre Lagneaux - L'Avenir

 

Sous le regard d’Edgard, Norberta a été baptisée lors de la kermesse de Petit-Enghien.

À l’occasion de la kermesse Saint-Sauveur, Norberta a été baptisée. Un bébé d’environ soixante kilos et mesurant 3,40m.


Baptême pluvieux, baptême heureux. C’est en tout cas ce que la trentaine de membres de la société des Géants Petit-Enghiennois ont dû se dire ce samedi. En effet, à l’occasion de la kermesse Saint-Sauveur, le groupe folklorique présentait son nouveau et cinquième géant: Norberta.

À peine arrivée sur la place du village pour sa première danse, les gouttes de pluies commençaient à tomber.

C’est le diacre Germain Deridder qui a assuré la cérémonie. «C’est un moment solennel pour notre village, car une nouvelle habitante, ou plutôt un nouvel enfant, vient d’arriver. Le baptême s’impose.»


Au moment de la lecture sainte, c’est bien entendu l’épisode du combat entre David et Goliath que le diacre a décidé de lire. «Cependant, ici le géant n’est pas notre ennemi. Il n’est pas celui qui nous sépare, mais celui qui nous rassemble. En tant qu’enfant du village, c’est pour moi un honneur de bénir ce nouveau géant.»


Un mariage en vue


Mais comment est née Norberta? «Elle devait déjà sortir l’an passé, explique Kevin Olivié, membre des Géants Petit-Enghiennois. Nous avons dû reporter son baptême à deux reprises à cause du Covid-19. Mais aujourd’hui, elle est bien présente aux côtés d’Edgard, son futur mari.»


En effet, Norberta se fiancera l’année prochaine et se mariera dans deux ans. Comme dans la vraie vie, puisque Norberta est une Petit-Enghiennoise qui a vécu à la fin du XIXe siècle, à la rue Brigade Piron. Elle a épousé Edgard, le fils de César et Rosalie qui, eux aussi, ont un géant à leur effigie.

La naissance de Norberta est née de la volonté de quelques membres des Géants Petit-Enghiennois de redynamiser le folklore local.

«Avec une poignée d’amis, j’avais envie de relancer la kermesse de Petit-Enghien, se souvient Kevin Olivié. C’est comme ça que nous avons créé le géant d’Edgard. Par la suite, nous nous sommes dit pourquoi ne pas lui trouver une épouse.»


Une épouse aux mensurations surprenantes puisqu’elle ne pèse qu’une soixantaine de kilos… pour une hauteur d’environ 3,40 mètres.

Norberta devrait être la dernière géante de la société petit-enghiennoise. «Cependant, conclut Kevin Olivié, on ne sait jamais que des petits naissent après le mariage.»

 

 

   

Les géants de Petit-Enghien

L’affiche de la ducasse d’Ath 2021 est (enfin) sortie

La Ville d’Ath annonce sur son site web la sortie de l’affiche de la ducasse 2021, une ducasse «différente».

L’affiche de la ducasse d’Ath 2021 est (enfin) disponible auprès de l’Office de tourisme (5€).

Il s’agit d’une reprise d’une affiche ancienne.

Le document annonce «2021 Ducasse d’Ath DIFFÉRENTE», avec une seule référence au caractère de «reconnue chef-d’œuvre du patrimoine immatériel de l’Humanité par l’Unesco». Ainsi que les signatures du bourgmestre et du directeur général.

Mais pour le reste, cette affiche reste vague et ne fait mention d’aucune activité, ni le samedi 21 août, ni le dimanche 22 août.

À la fin du mois de juillet, les autorités communales athoises ont annoncé que les activités traditionnelles ne pouvaient avoir lieu le week-end du 4e dimanche d’août, en raison des règles sanitaires. Elles expliquaient avoir opté pour un «plan B» (sic), lequel comportait en théorie une cérémonie (le samedi, à huis clos) réservée apparemment à des personnes triées sur le volet ainsi que six cortèges dans les faubourgs de la ville (le dimanche).

Ces orientations font l’objet de vives critiques au sein de la population locale, notamment auprès d’historiens qui regrettent une perte de sens et un écart important avec les gestes traditionnels.

L’absence de mentions précises (horaire des cortèges, etc.) sur l’affiche signifie-t-elle que les autorités communales athoises se laissent une porte de sortie, en fonction d’appréciations éventuellement différentes?


L'avenir info 13.08.2021